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Je reviens en mémoire au jour de notre croisement. Avant d’avoir vu ton visage, j’avais brisé tes jambes et des fractures ouvertes vu sortir les tibias.
Ton visage d’amour vint et je sus que j’avais trouvé mon météore. Je descellais les lèvres de ta chatte que tu avais infibulées par dépit. Ma queue était noire, nécrosée par les siècles passés dans la quête de toi. J’y sentis l’afflux d’un sang neuf et te pénétrais. Dans ton cri j’entendis les voix de mille enfants égorgés et compris avoir trouvé mon maître. Je te remplis de mon sperme jusqu’à n’être plus qu’une brindille sèche sur l’autoroute de ta fureur. Je vis tes ongles pousser à la vitesse de bambous sous kétamine, durcir comme l’acier d’une kalachnikov afghane et déchirer mes quadriceps comme des machettes rouillées. Je jouis une seconde fois et des peuples entiers furent noyés sous ma semence visqueuse. Des peuples de femmes douces et d’hommes travailleurs ; des peuples d’enfants insoucieux et de vieillards affables ; des peuples de chiens fidèles et de chats affectueux ; des peuples sains et heureux de l’Occident ressuscité. J’enfonçai jusqu’au coude mon bars dans ta matrice et la lacérai de mes ongles devenus pareils aux tiens. Tu déversas sur le monde un flot de mouillure rosée, mêlée de sang, qui vint noyer des nations entières. Nations de femmes violées et d’hommes libidineux ; nations d’enfants violés et de vieillards pédophiles ; nations de chiens écrasés et de chats toxoplasmiques ; nations plurivoques et nécessiteuses de l’Occident éternel.
Nos corps se soudèrent, le sang devenant croûtes ; tu demeuras mon amour lumineux, le cancer de ma face, mon pontage vers l’infini.

Dys- 

7.11.06 03:17




Dès lors assoupie dans le foutre satin de tes draps ensanglantés, tu me brisas la mâchoire, l’éclat vermeil et déliquescent de ma tumeur faciale aliéna la jouissance sadique qui s’émancipa dans tes yeux. Les cris insatiables et érudits de nos mémoires enfantines se perforèrent contre ton pouls, le spasme douloureux de mes gencives fracturées se libéra sur tes lèvres assoiffées de ce jus fertile. Salives enivrantes célébrant la libération de nos ogres. Puisque le désir est mort, tue le encore. Jusqu’à ce que s’entrouvrent de nouveaux tes plaies béantes et averses, ruisselant le long de ma frêle colonne altière et bancale. Eventre le tumulte incessant de cette fragile banalité des sens. Que les vaches à lait de la rocade Est blasphèment le tarif prohibé d’une pipe figurée à l’arrière d’une pissotière, que leur maigre infortune se fourvoie sous le courroux de ta fureur divine. Je veux ton ardeur amoureuse dénuder le mort embaumé, je te veux désavoué sous la clémence de ma chatte réséquée et miséricordieuse, immolée juste à temps pour célébrer l’hymen de nos orgasmes impies. Les vicissitudes de nos pénétrations archaïques s’achemineront jusque dans la mue de nos victimes, tendres innocents regrettant bien trop tard de n’avoir su désirer à temps le désir d’amour.

Fixx
4.11.06 16:54


ж

Alors je reviens à la vie pour labourer l’intérieur de tes cuisses. Je renais, puissant comme un rush d’adrénaline dans tes synapses, inapaisé comme la hyène cannibale du crépuscule.
Laisse-moi le temps de digérer tes sécrétions. Je suis aux frontières de ta sueur, je la vois qui s’écoule. Elle se mêle à la sanie qui n’a pas encore séché sur tes cuisses ; de ma langue, je nettoie tes plaies, celle que je t’ai faite de mes dents limées. Alors ta mémoire me revient. Je vois ta cruauté d’enfant, les pattes sectionnés des animaux, la rouille de la terre mêlée à la rouille de leur chair. Je vois tes frères étouffés au berceau, les berceaux jetés au feu, le feu rôtissant leurs petits corps, leurs petits corps laissés en pâture aux charognards. Je vois comme en tout tu abolissais la vie et tu étais fine comme une presqu’île, mon amour. Vomissant, ivres de vin vieux, les chiens boulottaient les osselets, reliques de tes victimes sacramentelles. Je vois à travers toi comme si tout cela je l’avais vécu.
Je t’ai battue jusqu’à la tuméfaction violine de ton visage ; le torse nu, j’offrais à ton regard mes côtes que tu avais lacérées de la pointe d’un scramasaxe rubigineux. L’arme, tu l’avais trouvée dans la tombe de ton père, sous son corps putréfié, rongé des vers. Tu m’as marqué comme une bête – le fer rougeoyant, l’odeur piquante de la ma chair brûlé. Je suis tien comme la nourrice ladre est au prince déchu ; ses mamelles vieilles et pourries ne lui donnent plus de lait, il est voué aux gémonies par le peuple nu et féroce.
Mon viol t'honore. Tous tes mots disent ma semence mâle, la graine du fruit amer.

Dys- 

2.11.06 14:56




Les reflets de la Terre ne me tarissaient plus. J’étais amoindrie dans un paysage de contrefaçons, là où les sutures intraveineuses de ton aorte boursoufflée de pue, avaient cessé de coaguler. Ton artère nourricière clampée, je ne pouvais plus m’abreuver. Vide. Sans vie apparente. Ou es-tu mon cannibale totem ? Alors j’ai cherché, longtemps, dans les ruelles poisseuses et sales de la vieille ville, un taxidermiste végétarien capable de répondre à ma faim. Capable de recréer un semblant de ta présence, à travers ces morceaux de cadavres que je lui déposais chaque matin, aux premières aurores, afin qu’il en capture ton émanation. Ton essence. Liquide séminal du défunt. Mais aucune victime, même plongée dans un bain d’acide ou mutilée à vif, n’a pu dégager cette odeur insoutenable, mortelle et si délicieusement viscérale, que tu es. Frustration enragée. Tristesse silencieuse.

Une nuit froide de décembre, errant du côté des Lilas comme nous flânions ensemble dans le désert californien, je surpris une jeune fille-mère déposer son enfant dans une benne à ordure. Il était encore un peu vivant. Après avoir égorgé, vidé et démembré cette sale pute qui venait là de porter atteinte à la vie dans toute sa splendeur maternelle, j’emmenais l’enfant avec moi, en prenant soin de lui arracher ses restes de cordon ombilical flétri par l’humidité de ses déjections, puis l’emmaillotais délicatement dans un morceau de peau tannée, que nous avions tous deux scalpé sur une jeune prostituée Croate l’année dernière. Te souviens-tu ?

Je me tailla un peu la veine, afin que mon sang chaud et fétide le berce d’un sommeil serein et douillet, avant de l’étouffer dans ses glaires, engorgés du souffle de l’innocence. Un brouillon de vie limité à quelques minutes sur cette Terre, avant de retourner à elle. Cendres et poussières. Je le plaçais ensuite sur mon ventre, et l’harnacha solidement avec mon foulard de soie en rayures bayadères, telles ces mammas sénégalaises qui chérissent et portent leur enfant qu’elles exhibent fièrement au sein du village. J’étais enceinte d’un nourrisson mort-né.

Ma main le protégeait, caressant ce ventre énorme et rempli de ton absence. C’est alors que je ressentis les symptômes pré-natals. Les seins lourds et douloureux qui tiraillent le thorax, la gerbe qui se tord dans ma trachée, l’estomac noué par le placenta qui se forme, l’utérus qui se dilate et se cambre sous le désir orgasmique de la vie qui s’enfante…Mais la tristesse et la douleur de ton souvenir me submergèrent. J’aurai tant aimé que tu m’éviscères à vif, que tu m’arraches les entrailles avec le vieux sécateur de ton grand-père, que tu places ce petit bout de mort dans mon ventre informe que tu aurais ensuite recousu avec des vieux barbelés rouillés, en prenant soin de m’inoculer un germe infectieux, et que tu me saignes cette poitrine nourricière stérile, pour l’en abreuver de notre sang mêlé. Ca faisait trop mal. Pardonne-moi mon ange, je n’ai pu le garder comme tu aurais aimé le déguster, dans un baril d’alcool en vipérine.

Arrivée près du canal Saint Martin, je butta négligemment un vieux sdf que je fit flamber comme un tandori, afin de nous réchauffer, l’enfant et moi. Puis je le détachais de mon ventre pour le bercer une dernière fois, ma tête calée contre son petit visage d’ange tout bleu, en fredonnant l’hymne à l’amour que tu écrivis pour nos fiançailles. Je pleurais à chaudes larmes, dans le silence fracassant de ce monde mutant. Cet enfant symbolisait maintenant nos funérailles… Puis contre toute attente, une lueur d’espoir s’attisa. J’étais alors persuadée que tel le phénix renaissant de ses cendres, en brûlant ce symbole de notre union avortée par la vie, je te ferais revivre, ton ombre réapparaîtrait dans le sillage de la nuit, épousant de nouveaux les sarcophages de nos fusils flamboyants… J’embrocha l’enfant avec une barre à mine qui était planquée sous les cartons du vieux sdf, puis je le fit cuire en papillote sur les braises du soûlard comme je cuisine un coq au vin, prenant soin de le faire dorer comme tu aimes, la peau craquante et légèrement braisée. J’étais en train de préparer le festin bucolique de ton retour. Ce petit rôti à moitié calciné sentait ta présence. J’humais de nouveau des bribes de ta respiration, sous la fumée carnassière de sa chair qui dansait avec le feu. Cuit à point, je me délectais de ses restes comme je déguste tes rognons de sale bâtard. Après quoi, je me sentis aussi légère et vivante qu’une funambule qui aurait chié sa ration sur la gueule des étoiles.

Dans le crépuscule victorieux de ta renaissance, les reflets de la mort épousèrent de nouveau la Terre.

Fixx 

2.11.06 13:44





Sang, cris, boyaux, boues, allez viens on s’englue. Nous ne nous en sortirons pas et moi je ne reviendrais pas – Je tomberai – As tu le courage de te couper l’index comme celui qui clame son innocence ? piétine-moi sans comprendre – Ne plus se poser de question et prendre – Balance-moi des coups de matraque sans broncher – Injures et aboiements - Violence et fracas - Traverse avec moi les rivières glacées de l’ennui et recouvrons nos plaies de sangsues carnivores. Laissons-nous avaler par les rafales de l’amour, dans les entrailles de la conception. Je répandrais alors une horrible odeur propre aux femmes qui ne se lavent pas – Attache-moi les mains et les bras très serrés avec du fil de fer, et bats-moi à mort, jusqu’à ce que tout mon corps soit noir comme du charbon et que ma peau se déchire lentement. Coupe mes doigts un à un avec des cisailles, mon sang sera ton lubrifiant. Je veux arpenter de mon corps ensanglanté et cruel les merveilles de tes viscères. Griffer tes tympans, t’arracher la langue et la baiser avec mes lèvres – Tu me baigneras dans le bain de ton sang. Respirons l’émanation de la folie – Mélangeons nos tares – Badigeons-nous de sable blanc, et maculons le du rouge de nos victimes, dans la débauche et dans l’orgueil, glorifions l’inceste de nos folies vengeresses – mord moi si fort que ma chair ne subira plus les outrages du temps, le temps d’une minute ou je m’effondrerais sous le poids de ton amour et de ton poison – que ma tête décapitée soit ton trophée – camoufle mon corps dans un marais – Epouse les monstrueux tentacules de mes viscères exhibées pour ton seul plaisir, ta seule faim. Emmure-moi vivante, coule mon corps et sculpte le dans du béton – ma dernière lumière sera la lueur lugubre du halot de ton cœur, à jamais attisé.

Fixx
15.12.05 02:47





Balance ta rage sur le papier connard. Dépossède toi et zappe le précieux. Je veux ressentir ta frustration et ta douleur, tes cris comme tes tristesses, que tu ratures ces mots sutures et fasses se sortir de toi ces démons pour qu'ils me violent avec la trique de ta plume enfoncée dans mon cul. Que l'homme qui m'a gerbé à la gueule et piétiné mes ovaires avec fougue réveille le feu qui est en lui au-delà des candeurs perverses des putes vierges et des veuves-matrones. Automatisme impulsif compulsif avec la rage et la grâce de tes coups de poings, ne reflechis pas et pose ta prose comme je balance ma sueur rance dans l'instinctif libérateur là ou rien n'est évènement, là ou tout n'est que chair dans le coeur de nos pulsions électriques. Enfonce moi bien profond et encule tes morts comme je suce les miens.

Fixx
8.12.05 03:59





Je te hais avec toute la force de mon amour et de mes mains couvertes de nos plaies mal résorbées, qui suppurent de la soif d’être léchées par ta langue, que je déchiqueterai ensuite lentement avec mes dents. J'arracherai ta carcasse telle une mauvaise herbe de ton appartenance à la terre, et tu redeviendras poussière et cendres calcinées comme je serai le goudron de tes poumons. Mais avant cela, tu n’es plus qu’un corps nu connard, sali puis enduit de mes sécrétions vaginales de sale pute avariée, comme mon corps enduit de ton sperme ensanglanté de mes règles et de nos véroles, sur lequel je te modèle et te malaxe comme une poignée de boue qui n’aspire qu’à se tordre sous l’ivresse de nos respirations maladives et fétides. Elève-toi au rang sacré du chaman, sous les tremblements saccadés de mes cuisses et de mes hanches qui te possèdent et t’encerclent jusqu’à t’étouffer. J’en appelle au viol avec toute la rage de mes salissures, quitte à m'en fracturer encore et encore le bassin. Indéfiniment jusqu'à ce que l'horreur de ma douleur te fasse jouir de me voir à plat ventre, démembrée. Ecartèle-moi de la puissance de tes mains me maintenant la tête, piétinée et rouée de tes coups puissants et emplis d’une furie que toi seul peut exprimer et comprendre. Souille mon corps. Pisse-moi dessus et surtout ne lâche pas mon regard serti de la douleur de ta bouche me crachant au visage tuméfié, et de tes dents m'arrachant des lambeaux de mes muqueuses, avec la sueur de nos transpirations. Badigeonne mes restes et enfante mes viscères de ta semence féconde et fertile des horreurs mortuaires sur lesquelles nos corps dansent et se violent. J’accoucherai de tes silences et de ta dernière présence humaine ici-bas, en prenant soin de t’offrir la plus belle douleur que mes entrailles puissent t’exprimer. Celle de t’avoir fait renaître sous la forme humaine du plus beau des monstres amoureux, avant que tu ne m’arraches les yeux et ne me fasse voir le sang de la vie et de mon amour pour toi, apaisée et enfin liquéfiée dans tes bras déchiquetés.

Fixx
5.12.05 02:20


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